PLF 2026 la mobilité professionnelle en danger

Cette phrase résume à elle seule le sens de mon engagement depuis plus de 10 ans.

L’article 81 du Projet de Loi de Finances 2026, qui menace d’exclure le bilan de compétences du Compte Personnel de Formation (CPF), est une mesure qui va à l’encontre de tout ce en quoi je crois.

Au-delà des arguments budgétaires et de fraude – sur lesquels nous reviendrons – cette décision aurait un impact humain et social profond.

Elle fermerait une porte essentielle à la mobilité professionnelle pour des milliers de personnes, à un moment où elles en ont le plus besoin.

Nous allons analyser ensemble pourquoi cette mesure est un contresens.

Nous verrons quel est son coût humain réel, bien au-delà des chiffres, pourquoi les garde-fous contre la fraude existent déjà, et pourquoi une régulation intelligente est bien plus souhaitable qu’une exclusion non justifiée.


On nous parle de statistiques, mais la réalité de mon métier, ce sont des parcours de vie qui cherchent un nouveau souffle. Ce sont :

Des mères solos qui ont besoin de retrouver non seulement un emploi, mais aussi leur confiance et leur indépendance.

Des jeunes actifs, diplômés mais désorientés, en quête d’une boussole dans un monde du travail qui ne leur a jamais appris à se connaître.

Des salariés en burn-out, qui cherchent un espace sécurisé pour se reconstruire, loin de la pression, avant même d’envisager de repartir.

Des quinquagénaires, dont l’expérience est une richesse, et qui veulent simplement rester des acteurs de leur vie professionnelle.

Des demandeurs d’emploi, orientés par France Travail, qui cherchent à bâtir un projet solide et durable pour rebondir.

Des professionnels HPI, TSA, DYS…, qui, grâce à un accompagnement adapté, apprennent enfin à transformer leur singularité en une force.

Pour toutes ces personnes, le bilan de compétences n’est pas un luxe superflu, c’est un levier de dignité.


L’erreur serait de croire que cet impact s’arrête à l’individu.

Une personne qui retrouve du Sens dans son travail, c’est un équilibre familial qui s’apaise, une équipe qui retrouve un collaborateur engagé, une entreprise qui conserve un talent.

C’est aussi un territoire qui se dynamise.

Le bilan de compétences, en lien avec l’écosystème local (France Travail, Conseillers en Évolution Professionnelle, entreprises), est un maillon essentiel pour orienter les compétences vers les métiers d’avenir ou en tension, et ainsi participer à la vitalité économique et sociale de nos régions.


L’argument de la fraude est souvent avancé pour justifier cette mesure radicale.

Mais il ne tient pas face à la réalité.

Des mesures fortes existent et ont déjà prouvé leur efficacité pour assainir le secteur :

  • La certification Qualiopi impose des audits stricts et un cahier des charges précis.
  • L’authentification renforcée via FranceConnect+ sécurise l’accès au compte CPF.
  • Un reste à charge a déjà été introduit pour « responsabiliser » les bénéficiaires.

La régulation est donc en cours.

Proposer une exclusion pure et simple est une solution disproportionnée qui ouvrirait la porte à deux impasses majeures.

Si le financement du bilan était confié à l’employeur, ce serait briser l’espace de liberté et de confiance indispensable à toute démarche de transition, qui doit pouvoir rester confidentielle.

Quant à un financement personnel, il reviendrait de fait à exclure toutes celles et ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir cet accompagnement, créant une orientation professionnelle à deux vitesses et accentuant les inégalités.


Le bilan de compétences n’est pas une dépense, c’est l’un des investissements sociaux les plus rentables.

C’est un levier d’émancipation, un outil de prévention pour la santé mentale au travail et un moteur d’agilité pour notre économie.

Dans un monde du travail en pleine mutation, où la quête de sens n’a jamais été aussi forte, vouloir en limiter l’accès n’est pas seulement une erreur politique, c’est une faute humaine.

Ne renonçons pas à l’idée que chacun, quel que soit son parcours professionnel ou de vie, a le droit d’être accompagné pour trouver sa juste place.


Sabrina Kabbaj

Consultante en Mobilité Professionnelle & Coach Certifiée

Fondatrice d’EffervéSens Coaching